HISTORIQUE

 À l'époque de l'occupation, des camarades en activité qui appartenaient à des réseaux de la résistance, créèrent plusieurs groupements indépendants dans diverses régions. Les plus importants et les plus dynamiques exerçaient leur action dans la région parisienne et celle de CleRmont-Ferrand. Ils s'unifièrent par la suite.
 
Ceux de la région parisienne se réunirent souvent dans un local de la rue Saint-Georges appartenant au Front national (groupement hétérogène d'hommes de toutes les opinions politiques, philosophiques et culturelles) et ils décidèrent de donner à leur groupement le titre de : «Front National de la Gendarmerie» (F.N.G.). Ce mouvement a travaillé clandestinement jusqu'à la fin de 1945.
 
Dès le début de 1946 le F.N.G. connut une consécration importante et fut admis à siéger en tant qu'organisme consultatif. Il fut décidé d'accepter comme adhérent tous les camarades en activité. Les effectifs augmentèrent très vite et dépassèrent 40.000 membres. Il faut dire que cette expansion fut grandement facilitée par le Général Duin, directeur de la Gendarmerie.
 
A la demande de plusieurs adhérents le F.N.G. prit le nom de Mouvement du personnel sous-officier de la Gendarmerie et de la Garde.
 
Malheureusement, la nomination du Général Rouyer, en remplacement du Général Duin, comme directeur de la Gendarmerie vint contrarier la bonne marche du mouvement. Il laissa entendre que les dirigeants seraient mutés et que des sanctions ne tarderaient pas à être prises. Ceux-ci n'appréhendèrent pas tant la punition et la mutation que la crainte d'être mis dans l'impossibilité d'agir avant d'avoir trouvé des retraités compétents qui acceptent d'assurer la relève et d'assumer la continuité du mouvement revendicatif.
 
L'un d'eux se rappela qu'il y avait un Cousteix qui avait fondé un journal «avant la guerre». Était-il vivant ? Était-il toujours dans la région parisienne ? Les anciens fouillèrent leurs archives et trouvèrent une «Voix» qui leur donna l'adresse 196, boulevard Gallieni à Fontenay-sous-Bois. On le convoqua et il assista à plusieurs réunions au cours desquelles on lui proposa de prendre la direction du mouvement, de rechercher des camarades retraités pour former le bureau et fonder une association légale.
 
Jean Cousteix accepta et se mit à l'œuvre. Il eut beaucoup de mal à trouver douze retraités pour former le bureau. Il rédigea les statuts et fit la déclaration à la Préfecture de Police (numéro 9133 du 23 août 1946). L'insertion eut lieu au «J.O.» du 8 septembre 1946. L'Union du Personnel de la Gendarmerie et de la Garde était née.
 
À partir de ce jour, l'association eut un bureau, un siège social, et la permanence dans l'exécution des décisions prises fut assurée mais les dirigeants en activité continuèrent d'orienter le mouvement sous le couvert d'un bureau composé de retraités. Cela continua ainsi quelque temps sans que rien ne vienne troubler l'association.
 
Dans le courant de 1947, le général Rouyer, toujours directeur de la Gendarmerie, interdit par une circulaire, au personnel en activité, de faire partie d'une association quelconque. Cela jeta le désarroi chez les timides. Les camarades en activité mirent Cousteix en relation avec deux amis du ministre de l'époque qui était Paul Coste-Fleuret : MM. Yves Fagon et Jean Cayeux. Ceux-ci obtinrent un rendez-vous du ministre. Au cours de l'entretien, Jean Cousteix parvint à convaincre le ministre que la décision du général Rouyer pousserait les gendarmes à la clandestinité et à l'indiscipline. Un télégramme adressé le soir même annula la circulaire du directeur. Ce fut d'un bel effet. Un passage difficile était franchi. À nouveau, la voie était libre. Ce ne fut pas de longue durée. Le ministère changea. A une question posée par M. Ramadier, ministre de la Défense nationale, le Conseil d'État répondit que l'article premier de la Constitution ne pouvait être considéré comme donnant droit d'association au personnel en activité de service.
 
A cette époque, l'autorité gouvernementale, ministérielle et directoriale ayant repris son emprise, il ne fut pas possible, malgré l'alerte donnée aux députés par Jean Cousteix et les présidents de cercle, de faire rapporter la décision du ministre prise sur l'avis du Conseil d'État :
 
"Interdiction au personnel en activité de faire partie d'une association sans autorisation."
 
Cette décision fut considérée comme une brimade et, au lieu de s'y conformer, le personnel en activité continua à y adhérer clandestinement, ce qui donna naissance à une nouvelle appellation : Union Nationale du Personnel en Retraite de la Gendarmerie (U.N.P.R.G.). Celle-ci, continua son action corporative, mais le rôle prépondérant des camarades en activité était terminé.
 
On doit à la vérité de dire que les camarades qui l'ont fondée et dirigée pendant cinq ans ont bien mérité de la Gendarmerie.
 
Depuis le début de 1950, la direction et les responsabilités de l'U.N.P.R.G. ont incombé aux retraités qui, du fait du cycle du temps et des départs en retraite, figurent pour un fort pourcentage dans les effectifs.
 
Mais la décision ministérielle créa des remous et des défections parmi les membres retraités du conseil d'administration. Certains, par crainte d'avoir des ennuis, refusèrent de faire front à la décision ministérielle. Au cours d'une réunion où les camarades en activité se trouvèrent en majorité, on les déposa. Pelletier, qui avait fondé le groupement de Clermont-Ferrand, fut élu président. Jean Cousteix fut maintenu dans ses fonctions de secrétaire général, et l'action de l'U.N.P.R.G. continua plus dynamique que jamais. Jusqu'en 1954, elle rencontra de nombreux et sérieux obstacles, mais le tempérament irréductible de celui à qui on avait confié la barque lui évita de sombrer, malgré vents et marées.
 
La mauvaise période est passée. Le ciel est redevenu serein. Les dirigeants de l'U.N.P.R.G. se sont imposés par leur action pondérée, tenace, dynamique et efficiente. Actuellement, l'U.N.P.R.G. est considérée comme un organisme indispensable.
 
Ce bref historique vous prouve que ceux qui affirment que notre association est née d'une dissidence de mécontents sont dans l'erreur.
 
Elle a été fondée par ceux de chez nous qui avons résisté à l'ennemi. par ceux qui, après avoir risqué leur vie pour que la France vive, ont risqué des punitions pour essayer d'obtenir une Gendarmerie mieux rémunérée, mieux considérée et plus forte.
 
 

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