Cérémonie à la stèle du Capitaine Blazy le 2 décembre 2019 UD 83

Les éléments de la cérémonie hommage au capitaine Blazy mort en héros lors de la rupture du barrage de Malpasset
Un dépôt de gerbe par le président de l’UNPRG secteur de Fréjus Saint Tropez accompagné de son porte drapeau ,
Des porte drapeaux commandos Gendarmerie section hélicoptère

 

Joseph SINIGAGLIA UD83

   

   

Discours de Monsieur le Maire-Adjoint aux affaires Militaires et Associatives
– dépôt de gerbes à la stèle du Capitaine Blazy –

Lundi 2 décembre à 17h

Mesdames, Messieurs les élus, Mesdames, Messieurs les membres de la famille et proches, Messages, Messieurs en vos grades et qualités, Mesdames, Messieurs,

Commémorer la rupture du barrage de Malpasset sans venir se recueillir sur la stèle du Capitaine Blazy serait une commémoration sans âme ni visage.

Cet après-midi, nous sommes réunis afin d’honorer sa mémoire. Un héros anonyme pour beaucoup de Français qui pourtant, le soir du 2 décembre 1959 jusqu’au matin du 3 décembre, aura sauvé la vie d’une dizaine de Fréjusiens pris au piège par les eaux déchaînées la rupture du barrage.

Dès l’aube, René Blazy, accompagné de son collègue le Maréchal des Logis Maurice Carroul, prend les commandes de son hélicoptère Alouette 2 basé à Hyères après avoir reçu les appels de détresse des sinistrés. Animés par la volonté de venir en aide à leurs concitoyens durement éprouvés, ils s’envolent vers Fréjus.

En milieu de matinée le 3 décembre, ils accomplissent déjà une douzaine d’interventions et sont sur le point d’entamer la treizième. Trois personnes s’étaient réfugiées sur le toit d’une ferme. Il y a urgence à intervenir avant qu’elle ne s’écroule.

N’écoutant que son courage, le capitaine Blazy décide de récupérer la famille échouée. Son hélicoptère n’a pas de treuil et il positionne sa machine en appui patin sur la faîtière du toit. L’hélicoptère est alors en vol stationnaire. Une fois stabilisé, il confie les commandes à son copilote, descend de l’hélicoptère et courbé, s’avance sur le toit vers les naufragés pour les récupérer en toute sécurité. C’est alors que se produit l’impensable : une tuile casse sous son poids. Il perd l’équilibre et dans un réflexe fatal, se redresse et heurte le rotor principal de l’hélicoptère.

Il a pris une décision qui n’était pas seulement celle du sacrifice, mais celle de la fidélité à soi-même, de la fidélité à ses valeurs. Au cœur de ce courage se trouve une grande force morale qui pousse à agir : il a montré que le socle vivant de la République, c’est la force d’âme. « La générosité, c’est toujours le sacrifice de soi ; il en est l’essence » disait Henry de Montherlant.

Malgré le marasme dans lequel était plongée Fréjus en ce début du mois de décembre 1959, le Capitaine Blazy a allumé une lueur qui ne s’est pas éteinte, celle de l’espoir, celle de l’homme qui peut donner le meilleur de lui-même lorsque les circonstances l’exigent…même au prix de sa vie.

Le Capitaine Blazy était un de ces hommes que la France s’honore de compter dans ses rangs. L’hommage que nous lui rendons aujourd’hui, nous le rendons également aux actions remarquables qui jalonnent la vie de tant de gendarmes et de militaires au sein de nos armées.

N’oublions pas le tribut payé par toutes nos forces de sécurité sur le sol national et nos soldats en opérations extérieures. Tous méritent notre respect inconditionnel. Triste hasard du calendrier, un hommage national est aujourd’hui rendu aux 13 militaires morts au Mali dans la collision de deux hélicoptères. Saluons la mémoire de ceux qui se battent et qui tombent pour notre pays.

Le sens de la vie est dans le service, dans le secours porté aux autres, dans l’engagement pour autrui qui fait grandir et avancer.
Que la mémoire du Capitaine Blazy soit honorée à jamais.

 
 
Texte original du discours envoyé par la mairie de Fréjus.

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