RETOUR SUR L’EXPERIMENTATION DE LA BRIGADE MULTI-MISSIONS DE SOISSONS

 

Depuis septembre 2019, la communauté de brigades (COB) de Soissons – Vic sur Aisne et la brigade motorisée (BMO) de Soissons sont réunies sous le même commandement, à titre expérimental. Comme trois autres unités en France métropolitaine elle porte l’appellation de Brigade Multi-Missions (BMM).

Innover pour avancer pourrait être le slogan actuel de la gendarmerie avec la mise en place, à titre expérimental, de la brigade multi-missions. Si l’idée paraît bonne par le regroupement de personnels de plusieurs unités, à compétences multiples, avec la mise en commun de moyens, les retraités de l’Arme les plus anciens pourraient dire «rien de nouveau à l’horizon puisque de notre temps nous avions déjà les BMI (brigades mixtes)» !!!

En revanche, la mise en place à titre expérimental des brigades multi-missions concerne aussi le regroupement de communautés de brigades, de brigades de recherches et motocyclistes à St-Girons (Ariège) et à Montmorillon (Vienne).

Des points de situation sont réalisés périodiquement avec ces brigades par la direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) qui a fixé l’échéance expérimentale au 31/05/2020.

Si cette expérimentation est relativement récente (mise en place le 01/09/2019 à Soissons), le principe de regroupement d’unités différentes est déjà bien connu, puisqu’il a fait ses preuves lors de la mise en place de cellules d’enquêtes spécifiques. C’est le principe même de l’emploi transverse des compétences réunissant le savoir.

Une partie très importante de la délinquance passe par les axes routiers et l’ajout de la spécificité des motocyclistes ne peut, sur le principe, apporter qu’une plus-value aux «brigadiers» des unités territoriales puisqu’il facilite le contrôle des mobilités.

Le 17 février 2020, après avoir reçu le consentement du Capitaine Jean-Luc PONCE, commandant en second de la compagnie de Soissons, le président de l’UNPRG-UD 02, s’est rendu à la BMM pour y rencontrer son commandant d’unité, le lieutenant Romain FREYTAG, afin d’avoir les précisions utiles sur son retour d’expérience. Indisponible, cet officier a demandé à son adjoint, ancien commandant de la brigade territoriale locale, l’adjudant-chef Frédéric JEANNE DIT FOUQUE d’expliquer le fonctionnement de cette brigade. Malgré les contraintes de son commandement ce sous-officier supérieur a pris le temps de faire la genèse de la création et de la mise en place de la BMM, des moyens consacrés, en mettant en avant l’efficacité recherchée et obtenue, en partie, sans omettre de préciser les difficultés liées à la cohésion de l’ensemble des personnels.

Seul moyen accordé pour cette création, en dehors du poste de commandant d’unité attribué à un officier, l’affectation d’un personnel du corps de soutien technique et administratif (CSTAG) pour assurer les tâches administratives (mission gérée très souvent par le commandant d’unité ou par son second) qui est perçue comme une réelle plus-value pour cette unité regroupant un effectif de 39 personnels (25 COB+ 13 BMO + 1CSTAG).

Le commandement unique est aussi un gage de performance pour les missions opérationnelles. Le collectif est une force non négligeable. La prise en charge des accidents de la circulation routière par les motocyclistes avec l’aide des gendarmes de la brigade comme les patrouilles de sécurité publique formées par des militaires de la brigade renforcée par des motards sont autant de preuves d’une bonne qualité de travail avec la prise en charge réelle de la sécurité au quotidien. Ce dernier étant d’ailleurs un des objectifs du directeur de la gendarmerie avec la sécurité des mobilités et la sécurité en temps de crise.

Quant à l’adhésion des motards à cette structure, elle reste la difficulté majeure. Un motocycliste rencontré à cette occasion évoquera même le fait qu’il a quitté la brigade pour ne plus faire le travail de «brigadier» et que, par conséquent, il ne peut-être favorablement enclin à reprendre des missions qu’il a abandonnées volontairement. La gendarmerie est une force humaine avec des hommes, leurs qualités et leurs travers…..

La mise en place a aussi présenté des pénibilités. Le délai laissé entre l’annonce et la création a été jugé trop court et l’absence de quelques règles fondamentales, d’ordre général, ont demandé au commandement local un surcroît de travail avec surtout la crainte de mal faire et d’approximation pouvant se révéler nuisible à cette expérience. Cependant, la totale initiative laissée par la DGGN est perçue comme une réelle marque de confiance.

Le bilan actuel est donc assez favorable puisqu’il apporte une qualité supérieure du service public et une diminution des astreintes du personnel.

Comme à Soissons une BMM expérimentale existe aussi à Dinan (Côtes d’Armor). La DGGN aura donc tout latitude pour apprécier et décider des suites qu’elle donnera à cette expérimentation.

Avec un peu de recul, d’aucun pourrait avancer la difficulté de positionner les motocyclistes dans la chaîne de commandement comme dans les structures classiques (brigades, compagnies, groupements, légions).

Les brigades motorisées, dirigées à l’échelon départemental par l’escadron de sécurité routière (EDSR), les pelotons motorisées chargés des autoroutes, dépendant uniquement à l’origine des unités autoroutières puis attachées ensuite pour certaines aux EDSR, la création d’un pourcentage des gendarmes piétons dans les unités motorisées, la difficulté d’obtenir des gendarmes volontaires pour permettre de combler les vacances dans ce type d’unités sont autant de sujets qui soulèvent la question du positionnement le plus approprié des gendarmes motocyclistes afin d’obtenir une efficacité maximum de production de sécurité pour ces personnels hautement qualifiés.

L’UNPRG remercie les intervenants ayant permis d’en savoir un peu plus sur le sujet, en consacrant du temps au représentant de l’UD 02 mais aussi pour leur réel engagement dans cette expérimentation qui ne peut être que positive, même si elle ne devient pas pérenne, ce que l’avenir nous dira dans quelques mois.

 

Patrice Van Lancker
Président de l’UNPRG-UD 02

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