Les mots bouleversants d’un camarade de la Gendarme Mélanie Lemée

L’adjudant Sébastien C. du PSIG d’Agen, camarade et ami de la Gendarme Mélanie Lemée, était au nombre des militaires intervenants sur les lieux du drame samedi soir à Port-Sainte-Marie. Il témoigne dans un message déchirant que notre partenaire, l’association professionnelle nationale militaire (APNM) “ Gendarmes & Citoyens” publie sur son site.

Je vous parle avec le cœur. Ce soir du 4 juillet, 20h52 mon téléphone sonne.

« Seb, Mélanie vient d être renversée. Le chauffeur est en fuite.”
On s’équipe machinalement comme pour toute mission et pour accomplir notre devoir. Mais là, c’est une camarade qui est touchée. Les réflexes pro et l’affect se mélangent sur la route rythmée par le gyro et le 2 tons. On entend à la conf que le chauffeur a été interpellé. Quelques instants plus tard on arrive sur les lieux. Un chaude soirée d’été où le soleil chauffe encore le bitume. Tu es là, couchée sur le sol. Les hommes en blanc font tout ce qu’ils peuvent pour que tu restes parmi nous. Les visages sont lourds. Les regards se croisent entre ceux qui sont présents en espérant un miracle. Ton binôme qui t’a vue tomber sur ce bord de route te serre la main, te suppliant de rester, de te battre. Mais l’implacable violence injuste qui t’a frappée est ce soir-là, plus forte que toi. On est là tous à te voir partir, toi la combative attachante et souriante.

Pas le temps de pleurer. Il faut prendre en charge celui qui t’a arrachée à ta famille, à tes amis, à tes camarades.

Je te regarde toi le meurtrier. L’homme en moi crie vengeance, mais le devoir reste plus fort. On doit maintenant continuer la mission. l’obligation inique de te traiter en humain, toi qui vient de voler une vie.

Tu oses te plaindre de douleurs costales à l’hôpital lors de ta visite de garde à vue. Et devoir donner un anti-douleurs à toi qui en nous en causé tant. Te déposer en cellule de garde à vue avec le seul espoir que tu ne sortes plus de ces 4 murs. Pas le temps de souffler !

Mélanie, c’est un honneur d’avoir servi avec toi

Il faut repartir la nuit entière sur les lieux pour surveiller l’endroit où tu nous a quittée Chère Mélanie, et voir ce sang que tu as versé. 7h00 du matin, fatigué, en colère et triste, je gare notre vl à côté de celui qui est devenu une arme et qui porte les stigmates de cette tragédie. Avoir le désir égoïste de rejoindre les miens en pensant aux tiens qui pleurent et hurlent de douleur.

Mélanie, c’est un honneur d’avoir servi avec toi, camarade. Tu as toujours été digne de l’uniforme que tu as fièrement porté

Adjudant Sébastien C. membre du conseil d’administration de APNM Gendarmes & Citoyens


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